Culture de chanvre à Carnac

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Environnement & cadre de vie

La commune de Carnac a accueilli en 2021 Vincent Sylvestre, un agriculteur bio qui avait pour projet de développer la culture de chanvre bio sur les terrains laissés en friche et parasités par le baccharis : une plante nuisible qui prolifère sur notre territoire.

Le projet de Vincent a été dès la première année un succès et le chanvre – prodigieuse plante aux nombreuses vertus –, représente une solide alternative aux enjeux écologiques et environnementaux auxquels nous sommes confrontés.

Voici donc un zoom sur cette plante encore trop méconnue et, pourtant, utilisée par les anciens dès les âges les plus reculés.

Qu’est-ce que le chanvre ?

Le chanvre (Cannabis sativa L) est une plante annuelle de la famille des Cannabinacées. Pour être qualifié de « chanvre industriel » et pouvoir ainsi être légalement cultivé en France, le chanvre doit être d’une variété dont la teneur en THC (tétrahydrocannabinol) est inférieure ou égale à 0,3% et inscrite au catalogue européen.

La plante de chanvre est composée d’une tige (fibre et chènevotte), de feuilles et fleurs composées de terpènes (essence) et de molécules. Lorsque la fleur est fécondée elle donne des graines appelées chènevis.

Les tiges font en moyenne 3 m de long avec un diamètre de 1 à 3 cm, elles sont creuses et cannelées. Elles possèdent une racine pivotante qui lui permet de descendre très profondément dans le sol pour puiser l’eau en profondeur.

Le cycle de la culture du chanvre s’étend en général d’avril à septembre soit environ 150 jours mais dépend toutefois du climat, du sol et de la variété utilisée.

Le chanvre en France

Il est cultivé depuis plus de 2 000 ans. Des tissus des cordages en chanvre datant du 1er siècle avant JC ont été répertoriés en Bourgogne. Au Moyen-Age le chanvre est utilisé dans la fabrication de papier. Son apogée se trouve au 18e siècle avec une utilisation très importante, notamment dans la marine (cordage et voile) secteur stratégique du développement des pays européens.

Mais un déclin se produit à la fin de 19e siècle en même temps que la disparition de la marine à voile et l’arrivée de nouvelles fibres synthétique et la pétrochimie.

Aujourd’hui, le chanvre occupe plus de 15 000 hectares du territoire et représente près de la moitié du chanvre produit en Europe.

Les débouchés

Les graines (chènevis)

Les graines sont de plus en plus recherchées pour l’alimentation humaine. En effet, elles sont riches en huile (de 30 à 35%) mais aussi en protéines (25 à 30%). Nous pouvons les consommer décortiquées ou pressées pour obtenir une huile riche en oméga 3 et 6 et en acide aminé, puis sa farine assure un complément protéinique de 20 à 30%.

Enfin, le chènevis est utilisé pour les cosmétiques car l’huile est bien absorbée par la peau. Le chanvre est reconnu pour ses vertus hydratantes et utilisé en cosmétique depuis l’antiquité.

Les fibres (laine de chanvre)

Outre l’utilisation de la laine de chanvre pour l’éco-construction, la fibre peut être utilisée pour le textile (cordes, bâches, vêtements). Elle possède des vertus antibactériennes, antifongiques et thermorégulatrices qui attribuent au vêtement un pouvoir isolant.

La chènevotte

La chènevotte correspond à la partie cellulosique de la tige. Elle s’utilise comme isolant pour la construction mais  aussi dans les litières pour animaux (très absorbantes) ou le paillage horticole.

La matière végétale

La matière végétale du chanvre contient des centaines de molécules. Une des plus connu est celle du THC (tétrahydrocannabinol) c’est le seul de tous les Cannabinoïdes qui soit psychoactif. Les variétés exploitées ont un pourcentage de THC inferieur à 0,3%.

 Nous connaissons également  la molécule CBD (Cannabidiol) qui optimise la réponse naturelle à la douleur, aux angoisses et à l’anxiété. On parle beaucoup du CBD mais pas assez d’autres molécules qui peuvent l’entourer. Parmi elles il y a la CBG, CBU et CBC. Chaque molécule est complémentaire et à la fois bien distincte.

Les intérêts environnementaux

Le chanvre est une plante qui couvre totalement le sol et de manière très rapide dite nettoyante empêchant les adventices ou plantes invasives (baccharis) de proliférer. Cette culture ne nécessite pas d’intrants : ni d’engrais chimique ni traitement phytosanitaire entre le semis et la récolte. De ce fait cette plante est adaptée à l’agriculture biologique.

1 hectare de cette culture fixe 15 tonnes de CO2, lors de sa photosynthèse, elle contribue donc à la réduction des gaz à effet de serre.