Vers une reconnaissance au Patrimoine Mondial de l’UNESCO

Depuis 1996, les alignements de Carnac sont inscrits sur la Liste indicative française du Patrimoine mondial de l’Unesco. Afin de faire aboutir l’inscription au Patrimoine Mondial de l’UNESCO de ces sites mégalithiques exceptionnels, l’association Paysages de Mégalithes de Carnac et du Sud Morbihan a été créée en décembre 2011. Si le dépôt du dossier est prévu pour 2022, deux étapes importantes restent à franchir. En effet, après la Déclaration à Valeur Universelle Exceptionnelle (DVUE) et l’analyse comparative internationale présentées avec succès fin 2017 (étape 1), restent à délimiter précisément le périmètre du bien (étape 2) et à élaborer le plan de gestion (étape 3). A chacune de ces étapes, l’association et son comité scientifique, présidé par Yves Coppens, sont auditionnés par le Comité National des biens français du Patrimoine mondial, émanation du Ministère de la Culture, composée d’experts du patrimoine.

Etape 1, fin 2017 : Déclaration de la Valeur Universelle Exceptionnelle (DVUE) et analyse comparative internationale

Cette étape a consisté à démontrer le caractère exceptionnel, universel, intègre et authentique de la candidature des « Mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan » au patrimoine mondial de l’UNESCO.  C’est la VUE qui présente les caractéristiques principales du Bien, tandis que l’analyse comparative confirme son aspect unique et universel par rapport aux autres sites inscrits ou non sur la liste de l’UNESCO.

L’Analyse comparative, qui est basée sur 54 sites répartis à l’échelle du globe, a démontré que le Bien avait une place originale sur la Liste du patrimoine mondiale, tant sur le plan thématique que géographique.

Pour cela, 5 attributs scientifiques et indépendants, ont été mis en avant et comparés :

  1/ les ouvrages de stèles qui sont une caractéristique fondamentale du dossier, d’une ampleur inégalée à l’échelle du monde ;

  2/ les tombeaux monumentaux, davantage représentés dans le monde, mais dont la diversité architecturale ainsi que la présence de trois grands tumulus carnacéens exceptionnels nous sont bien spécifiques ;

  3/ l’existence de gravures et d’un art rupestre d’une facture, d’un savoir-faire, d’une richesse iconographique et porteurs d’un programme symbolique structuré, sont remarquables pour l’époque néolithique ;

  4/ les dépositions, qui sont les nombreux objets découverts à l’occasion des fouilles archéologiques, exposés notamment au Musée de Préhistoire de Carnac et au Musée d’Histoire et d’Archéologie du Château Gaillard. Ils sont ici de grande valeur, à caractère ostentatoire, de quantité et de qualité exceptionnels, ici parfois d’échanges très longues distances. C’est une caractéristique que l’on retrouve très peu à l’échelle des autres sites de comparaisons ;

  5/ le lien entre les monuments et leur environnement littoral, formant un paysage symbolique est aspect rarement égalé sur un site aussi ancien.  

 

Etape 2, fin 2019 : délimiter précisément le périmètre d’inscription

Fin 2019, c’est la pertinence du périmètre d’inscription du projet qui va être défendue devant le Comité National des biens français.

L’enjeu est d’identifier les « zones cœurs » (le bien inscrit, les mégalithes) et zones tampon (l’aire de préservation et de valorisation permettant la compréhension du bien, abords des mégalithes) concernées par cette candidature afin de définir les mesures de préservation et de protection qui s’y appliqueront.

Le comité scientifique de l’association, présidé par Yves Coppens, s'est réuni sur ce sujet début juillet 2019.

  

Étape 3, à partir de 2020 : établir le plan de gestion, en concertation étroite avec les citoyens, acteurs majeurs du projet UNESCO

Cette étape ultime vise à définir collectivement les grands principes qui permettront de conserver, de valoriser et de transmettre les connaissances de ces biens mégalithiques. Objectifs : garantir, dans le temps, la pérennité des critères d’intégrité et d’authenticité du bien.

Le plan de gestion viendra interroger l’ensembles des politiques publiques locales : préservation, accessibilité, mise en tourisme, etc. « Ce projet de candidature à l’UNESCO est un projet de territoire, celui de la fierté d’un patrimoine exceptionnel, du partage d’une identité commune, d’une transmission aux jeunes générations d’un mystère dont on a malgré tout beaucoup de choses à raconter. Cette candidature, c’est celle de l’ensemble des habitants. Sa condition de réussite, c’est l’envie du territoire de protéger et de transmettre ce patrimoine », indique Aurélie Moufflarge, directrice de l’association Paysages de Mégalithes et du Sud Morbihan

Elus et citoyens du périmètre retenu tiendront donc la plume lors de l’élaboration du plan de gestion dans le cadre de groupes de travail thématiques.

Une fois ce travail élaboré, les élus de l’association seront auditionnés par le Comité National des biens français.

Pour la directrice de l’association Paysages de Mégalithes de Carnac  et du Sud Morbihan : « L’Etat français ne peut présenter chaque année qu’un seul projet. Nous sommes en concurrence avec beaucoup de villes (Nice et sa Riviera, Carcassonne et ses Citadelle du vertige, Nîmes et son centre historique. Sans compter les candidatures pour l’inscription de sites naturels). Mais nous avons collectivement de quoi être confiants : le socle scientifique de la candidature est incontesté, la Préhistoire et notamment ses mégalithes sont encore peu représentés sur la liste du Patrimoine mondial, et la bienveillance d’Yves Coppens guide nos travaux au quotidien ! La question n’est donc pas tant de savoir si les mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan seront un jour inscrits au Patrimoine Mondial de l’Unesco mais plutôt quand ! »

Une candidature portée à l’échelle d’un vaste territoire

Nuit menhirs

CARNAC dispose d’un patrimoine mégalithique unique au monde.

Dans un souci de cohérence et d’adéquation aux nouvelles exigences de classement de l’UNESCO, les scientifiques ont préconisé le dépôt d’une candidature des sites mégalithiques à l’échelle d’un territoire plus vaste, le Sud du Morbihan.

Sur ce vaste territoire, 519 sites mégalithiques dont la diversité et les qualités esthétiques sont remarquables ont été identifiés par la Direction Régionale des Affaires Culturelles de Bretagne (DRAC). 161 de ces sites sont inscrits aux Monuments Historiques .

Par l’association Paysages de Mégalithes et du Sud Morbihan

Réception Hôtel Tumulus 29 juin 2014

Yves COPPENS, paléontologue de renom, préside le comité scientifique de "Paysages de Mégalithes".

Présidée par le Maire de Carnac, l’association œuvre pour la connaissance, la  préservation et mise en valeur du patrimoine mégalithique de 26 communes du Sud Morbihan : Carnac, La Trinité-sur-Mer, Locmariaquer, Larmor-Baden, Arzon, Sarzeau, St-Gildas-de-Rhuys, Ile-aux-Moines, Ile-d’Arz, St-Pierre-Quiberon, Quiberon, Ile-d’Hoëdic, Ile-d’Houat, Le Bono, Crac’h, St-Philibert, Erdeven, Plouharnel, Belz, Etel, Ploemel, Baden, Arradon, Séné, St-Armel, Le Hézo.

D’autres structures, membres de droit, sont également associées au projet comme les gestionnaires des sites mégalithiques (à Carnac, le Centre des Monuments Nationaux -CMN), le Conservatoire du Littoral, deux communautés de communes : Golfe du Morbihan Vannes Agglomération (GMVA) et Auray Quiberon Terre Atlantique (AQTA), le département du Morbihan et l’Etat. Des associations, comme Menhirs Libres, ou les Amis de Carnac,  et des communes hors zone d’étude (Elven, Auray, Vannes) disposent du statut de membres associés.

Accédez au site internet de l'association Paysages de Mégalithes et du Sud Morbihan

Les travaux de l'association sont menés en étroite collaboration avec son comité scientifique placé sous l’autorité du Professeur paléontologue Yves COPPENS. Ce comité international comprend dix-huit experts français et européens : chercheurs, archéologues, gestionnaires de sites mégalithiques…

Depuis le début de l’année 2019, Aurélie Moufflarge a remplacé Jean-Baptiste Goulard à la tête de l’association. Son équipe est composée de :

  •   Victoire Dorise , Chef de projet patrimoine mondial,  garante de la constitution du dossier UNESCO, en étroite collaboration avec le Comité scientifique ;
  •   Emilie Heddebaux, chargée de mission préservation et Restauratrice du Patrimoine, a travaillé sur un état des lieux des sites mégalithiques répertoriés sur le périmètre d’inscription, avec un encadrement la DRAC. La suite de son travail doit permettre d’élaborer une charte de bonne pratique en matière de conservation et de restauration des sites.
  •   Marine Chupin, Chargée d’études documentaires, recherche et collecte dans une base de données documentaires toutes les documents historiques et réglementaires sur le patrimoine mégalithique de la zone d’étude UNESCO (rapports de fouilles, plans, correspondances, arrêtés de protection, photographies  ,etc.). Cet outil de travail a vocation, à terme, a être ouvert au grand public

Le siège de l’association a été transféré depuis la mi-juin de l’ancien Trésor Public à l’ancien bâtiment administratif du CMN, maison aux volets bleus située au 74, rue des Korrigans, sur la D 119.

Aurélie MOUFFLARGE

Aurélie MOUFFLARGE, Directrice de l'asssociation "Paysages des Mégalithes de Carnac et du Sud Morbihan"

Depuis 2015, l’association organise chaque été à Carnac, et dans d’autres sites mégalithiques du Morbihan, le festival Skedanoz, « Nuits scintillantes » en breton. Objectif : valoriser ce patrimoine exceptionnel. La première édition, organisée en 2015, a réuni pas moins de 20 000 personnes.

Ce partenariat, comme d’autres, témoigne de l’attachement des acteurs locaux et des Carnacois à ce patrimoine unique et de leur volonté de le faire connaître et de le partager. En 2015, l’Espace Culturel Terraqué, a d'ailleurs, dans le cadre de la Fête de la Bretagne, fait revivre la tradition orale « La légende des menhirs », telle que racontée dans les alignements en 1964.

Skedanoz

Skedanoz