Prévention : Intoxications au monoxyde de carbone (CO)

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Sanitaire

En période hivernale, les risques d’intoxication au monoxyde de carbone (CO) augmentent, en lien avec l’utilisation des appareils de chauffage. Chaque année, ce gaz toxique est responsable d’une centaine de décès en France. Invisible, inodore et non irritant, le monoxyde de carbone est indétectable. Des gestes simples contribuent pourtant à réduire les risques.

Durant la saison de chauffe 2020-2021, 19 affaires ont été signalées et investiguées dans le département du Morbihan (dont 16 dans l’habitat), impliquant 59 personnes dont 26 ont été hospitalisées.

Le monoxyde de carbone résulte plus particulièrement d’une mauvaise combustion des dispositifs fixes de production d'eau chaude et de chauffage, quelle que soit la source d’énergie utilisée (gaz, fuel, pétrole, bois...), associée le plus souvent à une insuffisance de ventilation.

Les appareils mobiles à combustion non raccordés, et notamment les chauffages d'appoint utilisés en continu, sont des dispositifs susceptibles de conduire également à des émanations importantes de ce gaz toxique.

Prévention individuelle : Que faire chez soi ?

Les appareils utilisant des combustibles (gaz naturel, bois, charbon, fuel, butane, propane, essence ou pétrole etc.) pour la production de chaleur ou de lumière sont tous susceptibles, si les conditions de leur fonctionnement ne sont pas idéales, de produire du monoxyde de carbone (CO).

Pour éviter les intoxications, des gestes simples existent :

• Avant l’hiver, faire vérifier les installations de chauffage et les conduits de fumée par un professionnel qualifié.

• Veiller toute l’année à une bonne aération et ventilation du logement et à une bonne utilisation des appareils à combustion : aérer au moins 10 minutes par jour et ne jamais boucher les aérations du logement.

• Ne jamais utiliser pour se chauffer des appareils non destinés à cet usage : brasero, barbecue, cuisinière, etc.

• Si des groupes électrogènes doivent être installés, il faut les placer impérativement à l’extérieur des bâtiments.

• Ne jamais faire fonctionner les chauffages d’appoint en continu : ils sont conçus pour une utilisation brève et par intermittence uniquement.

La sécurisation des logements et des installations/ l’entretien des chaudières

L’entretien des chaudières par un professionnel qualifié est obligatoire et doit être effectué chaque année.

Toute chaudière dont la puissance est comprise entre 4 et 400kW doit faire l’objet d’un entretien tous les ans. Ceci concerne les chaudières au fioul, au gaz, au bois, au charbon, multicombustibles, etc. Les opérations devant être effectuées par le professionnel qualifié lors de cet entretien sont fixées par la réglementation.

En particulier, une mesure du taux de monoxyde de carbone (CO) dans l’air ambiant du local où se trouve la chaudière doit être effectuée par le professionnel qualifié qui effectue l’entretien annuel de la chaudière. Cette mesure de CO est obligatoire pour toutes les chaudières.

•  Si ce taux est inférieur à 20 ppm, la situation est normale.

•  S’il est compris entre 20 et 50 ppm, il y a une anomalie dans le fonctionnement de l’appareil.

Des investigations complémentaires sont nécessaires. Ces investigations peuvent être réalisées au cours de la visite ou faire l’objet de prestations complémentaires

•  S’il est supérieur à 50 ppm, la situation met en évidence un danger grave et immédiat nécessitant la mise à l’arrêt immédiate de la chaudière jusqu’à la remise en service dans les conditions normales de fonctionnement.

Que penser des détecteurs de monoxyde de carbone ?

Il existe sur le marché des détecteurs de monoxyde de carbone (A ne pas confondre avec les détecteurs Avertisseurs Autonomes de Fumées qui, eux, sont obligatoires dans les logements depuis le 8 mars 2015). Cependant, ces détecteurs ne suffisent pas pour éviter les intoxications. La prévention des intoxications passe donc prioritairement par la vérification et l’entretien réguliers des appareils à combustion, la bonne ventilation des locaux et l’utilisation appropriée des chauffages d’appoint.

Les symptômes

Les symptômes d’une intoxication - maux de tête, fatigue, nausées - apparaissent plus ou moins rapidement et peuvent toucher plusieurs personnes au sein d’un même foyer.

Il existe deux types d’intoxication :

• l’intoxication aiguë, qui entraîne une intervention des secours en urgence et se manifeste par des vertiges, une perte de connaissance, une impotence musculaire, voire un coma et le décès ; Des séquelles neurologiques peuvent également apparaître plusieurs semaines après l’intoxication aigüe.

• l’intoxication chronique, qui entraîne des maux de tête, des nausées, une confusion mentale. Difficilement détectable, elle peut entraîner, à la longue, des troubles cardiaques ou respiratoires.

Une intoxication importante peut conduire au coma et à la mort, parfois en quelques minutes. Il faut donc agir très vite.

En cas de suspicion d’intoxication :

• Aérer immédiatement ;

• Arrêter si possible les appareils à combustion ;

• Evacuer les locaux ;

• Appeler les secours en composant le 15, le 18 ou le 112 (et le 114 pour les personnes malentendantes).

La prise en charge des personnes intoxiquées doit intervenir rapidement, dès les premiers symptômes, et peut nécessiter une hospitalisation.

Traitement

L’intoxication aiguë est spectaculaire car souvent plusieurs membres d’une même famille sont touchés, voir une collectivité toute entière (salle de réunion, de mariage, église, restaurant). Les intoxiqués même légers sont transportés vers l’hôpital et mis sous oxygénation dès leur prise en charge par les services de secours, pour accélérer l’élimination du monoxyde de carbone. A l’hôpital, les intoxiqués les plus graves sont placés en caisson hyperbare pour une séance de 90 minutes. Après l’accident, un suivi médical devrait être assuré par l’hôpital pendant une année. En cas d’intoxication grave, il y a un risque de séquelles : migraines chroniques, dépendances neurologiques (troubles de la coordination motrice, paralysies de toutes formes) invalidantes.

Ci-contre, une brochure détaillée à télécharger.